05/05/2012

Mains de Givre - Esther Marie (2010)


La naïveté en musique n'est généralement pas un trait auquel j'accorde une importance particulière, qu'elle concerne le processus de composition ou le résultat en lui-même. Ce n'est pas quelque chose que je fuis ni ne méprise pour autant, naïf n'étant pas systématiquement synonyme de niais ou de gauche, et si on fait abstraction des visuels et des titres de pistes un peu spéciaux ( détail sans importance en fait), cet Esther Marie en est une très belle illustration. Quatre longues pistes d'ambient massif improvisées par Éric Quatch ( thisquietarmy ), sa guitare et son arsenal d'effets et la violoniste Émilie Livernois-Desroches, autant de paysages tristes et glacés construits sur une formule d'une simplicité enfantine: Des lignes d'un violon spleenesque qui tantôt naviguent à l'aveugle sur des mers de drones électriques aux relents post-rock (ne partez pas, non!), flottent sur un traditionnel mur de son, brouillard de trémolos délayés, plongent dans les mêmes profondeurs que celles du split Underjordiska/Spectral Lore ou se laissent submerger par une boucle massive et tempétueuse (rappelant peut-être certains titres des derniers Agalloch). Pas besoin de plus pour donner naissance à des pistes qui ne manquent ni de relief ni de variété, merci au violon qui anime et dirige ce monde gelé sans tomber dans l'écueil du larmoyant.

L'album est sold out, mais vous pouvez en écouter une partie ou l'acheter en version dématérialisée ici. Ou obtenir les flacs ici et .

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